

08 oct. 2026, 19:45 – 21:00MK2 Bastille côté Saint-Antoine, 5 Rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011 Paris, France

LE TDPM, C'EST QUOI ?
Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est une forme sévère du SPM (syndrome prémenstruel) qui se caractérise par des troubles de l’humeur et divers symptômes physiques qui surviennent au cours de la phase lutéale (c’est-à-dire environ 10 jours avant les règles) et s'atténuent voire disparaissent la semaine des règles. Les symptômes sont cycliques et peuvent être assez graves, comme une dépression majeure, allant jusqu’à l’envie de mettre fin à ses jours.
Ce trouble est fréquent : environ 8 % des personnes menstruées en souffrent.
Et pourtant les causes exactes ne sont pas connues et les solutions de soulagements sont encore insuffisantes.
La différence avec le SPM :
Les sautes d'humeur sont plus importantes, avec une tristesse ou une dépression sévère.
Les symptômes :
Irritabilité ou colère importante
Augmentation significative de l'anxiété ou de la tension
Des changements physiques tels que :
Le sommeil : Changements dans le rythme du sommeil (augmentation ou diminution)
L'appétit : Suralimentation ou fringales
L'énergie : Baisse considérable de l'énergie
Poids : prise de poids ou sensation de ballonnements
Sensibilité ou gonflement des seins
Douleurs articulaires et/ou musculaires.
Les changements dans les niveaux d'hormones jouent un rôle clé. Dans la semaine précédant les règles, les niveaux d'œstrogène et de progestérone baissent, ce qui affecte les neurotransmetteurs dans le cerveau.
Le risque de souffrir d'un TDPM est plus élevé chez les personnes qui ont subi un traumatisme dans leur vie, comme la négligence ou les abus.
GENÈSE DU PROJET
Par Joséphine Jourdan, réalisatrice du film.
Mars 2020, alors que le monde entier est mis en pause et que chacun se retrouve enfermé chez soi, je m’intéresse pour la première fois à mon corps et à mon ventre. Il a fallu attendre 26 ans pour que je prenne conscience de mes syndromes prémenstruels. C’est ainsi que je découvre l’existence d’un trouble encore méconnu, le trouble dysphorique prémenstruel. Malgré une prévalence très importante au sein de la population, ce trouble commence à peine à être adressé par la médecine et les médias. Il faut dire que depuis toujours, la santé féminine est très peu considérée voire discriminée.
Aujourd’hui, les esprits évoluent légèrement mais la société peine à rattraper son retard et continue de remettre en cause la parole des femmes et les droits qu’elles ont acquis au fil de leurs luttes.
Depuis 2021, je mène des entretiens auprès de femmes atteintes et de leurs conjoint·es, de médecins et chercheur·euses, d’activistes œuvrant pour la reconnaissance du TDPM et de la santé féminine, de sociologues et historien·nes de la santé des femmes.
Par la délivrance de la parole échangée avec d’autres femmes et hommes, je tente de prouver qu’il est possible de réapprendre à être maîtresses de nos corps, de parler de nos souffrances et certainement de mieux les comprendre.
Objet de tous les fantasmes et de toutes les ignorances, le ventre féminin apparaît comme le point central d’une culture de la souffrance et du déni qui a longtemps aliéné nos corps.

Le TDPM est un trouble dont le diagnostic repose essentiellement sur l’écoute des patientes et sur la prise en compte de leur parole, il incarne ainsi cet angle mort dans lequel la médecine a placé les femmes. Nous sommes en 2026, 9 ans après Me too mais où en sommes-nous de l’intérêt que porte la société sur la santé des femmes ?
Pourquoi est-il encore aussi difficile de nous croire ?
Au cours du lancement de mon documentaire, les premiers journalistes s'intéressent à ce sujet.
Voir les articles : Elle, Grazia, Le Parisien.
Suite à ce début d’intérêt et au cours de mes recherches et des nombreux entretiens que j’ai pu réaliser, je comprends l’urgence d’en parler, mais surtout la nécessité d’élargir mon réseau pour pouvoir informer et convaincre d’autres personnes de rejoindre la cause.
Le lancement d’une campagne de financement participatif est guidé par ma volonté d’impliquer le plus de personnes possibles et de prouver la nécessité de reconnaître le TDPM.
Grâce à cette campagne, le sujet est partagé au plus grand nombre et le projet prend son élan. De nombreuses personnalités se sentent concernées et soutiennent le projet. Des centaines de femmes et hommes contribuent, soutiennent et se s'engagent pour ce projet.



La prise en charge
de la santé des femmes avancera seulement si on les écoute vraiment.
L’intérêt est tel que j’ai eu envie de le concrétiser en organisant le tout premier événement physique dédié au TDPM. Les personnes qui se déplacent me confient leur enthousiasme et leur émotion, pour certain·es de pouvoir se réunir et d’échanger autour du TDPM, pour d’autres de rencontrer pour la première fois d’autres personnes atteintes, et pour quelqu’unes de mettre un mot sur cette souffrance qu’elles n’arrivaient pas à définir depuis toutes ces années.
À mesure que la campagne avance, les soutiens sont de plus en plus nombreux et l’engagement se développe. Des médias comme Period veulent à leur tour en parler. Je réalise alors ma première interview filmée pour informer sur le trouble et parler de mon projet.
Grâce à toutes ces étapes, nous avons finalement réussi à intéresser France Télévisions.
À la suite de deux années de développement, suivies du tournage, le film "Dans mon ventre, une part de folie ?” sort enfin.





"Dans mon ventre" n’est pas seulement un film, c’est toute une communauté.
J’ai fait ce film pour toutes celles qui m’écrivent en me disant qu’elles n’ont plus d’espoir, pour celles qui ne savent pas ce qu’elles ont, pour celles qui veulent se battre, pour celles et ceux qui vivent aux côtés des femmes qui sont atteintes du trouble et pour tous les gens qui ne considèrent pas encore le trouble dysphorique prémenstruel.
LE FILM
"Dans mon ventre" est le récit d’une enquête intime et collective menée pendant trois ans par la réalisatrice Joséphine Jourdan. En cherchant à comprendre les souffrances physiques et psychiques qui accompagnent son cycle menstruel, elle part à la rencontre d’autres femmes confrontées aux mêmes interrogations.
Au fil des témoignages, des échanges et des recherches, une évidence s’impose, derrière ces douleurs souvent minimisées se cache une histoire plus vaste : celle de leur santé construite sur des préjugés, des silences et de l'ignorance.



BO du film
